Le Bureau,
- Rappelant l’article 23 de la Convention, ainsi que les chapitres I.4, I.7 et I.14 des Directives opérationnelles relatifs aux demandes d’assistance internationale,
- Ayant examiné le document LHE/26/21.COM 3.BUR/4 et la demande d’assistance préparatoire n°02600 soumise par Eswatini,
- Prend note qu’Eswatini a demandé une assistance internationale d’un montant de 10 000 dollars des États-Unis pour préparer la candidature à l’inscription d’Élever un enfant selon les traditions et les coutumes de l’emaSwati sur la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente :
Cette demande d’assistance préparatoire, qui sera mise en œuvre par la Commission nationale du patrimoine d’Eswatini, vise à soutenir la proposition d’inscription de « élever un enfant selon les traditions et les coutumes emaSwati » sur la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente. Cet élément concerne les savoirs autochtones, les compétences, les pratiques coutumières, les rites de passage, l’éducation morale et les processus de socialisation à travers lesquels les garçons et les filles sont élevés dans le cadre culturel emaSwati. Il englobe la transmission intergénérationnelle des valeurs emaSwati, de la langue, des responsabilités du clan, des rôles de genre, du respect des aînés, de la solidarité communautaire, de l’éducation traditionnelle au sein des foyers et de la participation à des activités culturelles spécifiques à chaque tranche d’âge. L’élément est transmis oralement et par la pratique directe par les aînés, les régiments, les personnes chargées de s’occuper des enfants et les chefs traditionnels. Cependant, l’urbanisation rapide, l’évolution des structures familiales, les migrations, les pressions liées à l’éducation formelle et la mondialisation ont considérablement affaibli les mécanismes de transmission associés. La nécessité de solliciter une assistance préparatoire a été identifiée lors de la mise en œuvre d’un projet extrabudgétaire en cours[1], visant à sauvegarder la riche diversité du patrimoine vivant en Afrique, en mettant l’accent sur les pays qui, au moment de la préparation du projet, n’avaient aucun élément inscrit sur les listes de la Convention.
- Décide que, d’après les informations fournies dans le dossier n° 02600, la demande satisfait aux critères d’octroi de l’assistance internationale énoncés aux paragraphes 10 et 12 des Directives opérationnelles comme suit :
Critère A.1 : La demande indique clairement que les membres des communautés emaSwati seront largement associés à la préparation du dossier de candidature. Elle souligne l’importance d’impliquer tous les groupes sociaux dans cette préparation, notamment les chefs traditionnels, les anciens, les chefs coutumiers, les femmes, les hommes et les jeunes. Les communautés participeront à des ateliers de consultation, à des activités de sensibilisation et de documentation. La demande prévoit également des séances de consultation avec les membres des communautés afin d’obtenir leur consentement libre, préalable et éclairé concernant le dossier de candidature de l’élément et l’élaboration des mesures de sauvegarde proposées.
Critère A.2 : Le montant demandé par l’État partie semble approprié par rapport aux activités proposées pour la préparation du dossier de candidature à la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente.
Critère A.3 : L’assistance préparatoire soutiendra les principales activités suivantes : (a) l’organisation d’ateliers de consultation dans les quatre régions administratives du pays avec les communautés concernées par le processus d’inscription ; (b) l’achat du matériel nécessaire ; (c) la mise à jour de l’inventaire et de la documentation correspondants ; (d) l’élaboration des documents pour la candidature ; et (e) la mise en œuvre des activités d’éducation et de sensibilisation.
Critère A.4 : L’État partie demandeur s’engage à soumettre une candidature pour l’inscription éventuelle de l’élément sur la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente. La soumission est attendue avant le 31 mars 2027 pour une inscription possible par le Comité lors de sa vingt-troisième session, sous réserve que la candidature puisse être incluse dans le cycle 2028, en application du plafond annuel du nombre de candidatures et du système de priorité en vigueur au moment de la soumission.
Critère A.5 : L’État partie demandeur contribuera à hauteur de 18 pour cent (2 634 dollars des États-Unis) et les autres partenaires à hauteur de 12 pour cent (1 648 dollars des États-Unis) du montant total du projet d’assistance préparatoire (14 282 dollars des États-Unis). Par conséquent, une assistance internationale est demandée au Fonds du patrimoine culturel immatériel pour les 70 pour cent restants du montant total du projet.
Critère A.6 : Par cette demande, l’État partie cherche à encourager les communautés concernées à poursuivre la transmission des savoirs et des compétences liés à cet élément, contribuant ainsi à renforcer sa viabilité. Le projet contribuera également à sensibiliser le public au patrimoine culturel immatériel par le biais de campagnes médiatiques, d’émissions de radio et des réseaux sociaux afin de renforcer la transmission intergénérationnelle de la pratique.
Critère A.7: L’État partie demandeur a bénéficié d’une assistance internationale du Fonds du patrimoine culturel immatériel pour un projet terminé[2]. Les travaux stipulés dans le contrat relatif à ce projet ont été réalisés conformément aux règlements de l’UNESCO.
- Approuve la demande d’assistance préparatoire d’Eswatini pour la préparation de la candidature Élever un enfant selon les traditions et les coutumes de l’emaSwati en vue de sa soumission pour une possible inscription sur la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente, et accorde un montant de 10 000 dollars des États-Unis à l’État partie demandeur à cette fin ;
- Félicite l’État partie pour avoir soumis une demande d’assistance préparatoire qui s’appuie sur les besoins identifiés lors de la mise en œuvre d’un projet extrabudgétaire en cours ;
- Demande au Secrétariat de se mettre d’accord avec l’État partie demandeur sur les détails techniques de l’assistance, en accordant une attention particulière à ce que le budget et le plan de travail soient suffisamment détaillés et précis de manière à fournir une justification suffisante de toutes les dépenses ;
- Invite l’État partie demandeur à utiliser le formulaire ICH-05-Rapport pour rendre compte de l’utilisation de l’assistance octroyée.
[1] Renforcer les capacités pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel et la préparation de candidatures aux Listes de la Convention de 2003 en Afrique financé par le gouvernement japonais (606 650 dollars des États-Unis au profit de neuf pays : Comores, Guinée équatoriale, Érythrée, Eswatini, Gabon, Guinée-Bissau, Lesotho, Sao Tomé-et-Principe et Soudan du Sud ; septembre 2024 à septembre 2027).
[2] Élaboration d’un inventaire du patrimoine culturel immatériel pour la région de Shiselweni en Eswatini (64 824 dollars des États-Unis ; octobre 2019 à avril 2022).